“Au contact” #14 Benjamin Couette

“ Au contact ” #14

À l’occassion de son départ, Benjamin revient sur ses premiers pas et son parcours de 10 ans à Rebonds!. Éducateur socio-sportif puis coordinateur terrain, il a pu embrasser sa passion pour le rugby tout en intégrant le volet éducatif. Fier de transmettre les notions de fair-play et de coopération auprès des jeunes avec comme outil un sport qui lui est cher.

Comment ta route a-t-elle croisé celle de Rebonds! ?
J’ai croisé la route de Rebonds! quand l’association commençait à être identifiée comme acteur du rugby dans le territoire toulousain et j’avais des amis de STAPS qui y travaillaient en tant qu’éducateurs socio-sportifs. J’ai ensuite postulé à Rebonds! et j’ai été embauché à Ramonville XIII par Sébastien Bouche qui est un des co-fondateurs de Rebonds!. Ramonville XIII n’avait à l’origine rien avoir avec Rebonds!. Ayant souvent des rendez-vous à Rebonds! , indirectement, j’étais souvent dans l’association avec les salariés. Je connaissais initialement Rebonds! grâce à Florian Auriac et Manon que je côtoyais.

Comment se sont déroulés tes premiers pas à Rebonds!, il y a de ça 10 ans (le 15 septembre 2011) ?
J’ai été embauché dans un premier temps grâce à Sanoussi Diarra autre co-fondateur de Rebonds! qui m’a proposé un poste d’éducateur socio-sportif sur le Groupement Employeur Rugby, parce que Pierre Goni partait. J’étais 20% à la Vallée du Girou, 20% au FCCT et 60% à Rebonds!. Je n’avais pas directement intégré Rebonds! c’était plus par le Groupement Employeur Rugby, mais j’ai vu ça comme un avantage et un atout, je connaissais déjà le projet, l’équipe et j’avais également déjà participé à un tournoi des écoles. C’était facilitant d’intégrer une structure que je connaissais et d’autant plus dans le domaine du rugby.

Peux-tu présenter brièvement le pôle éducation/insertion à Toulouse ?
Historiquement c’est le premier pôle à Toulouse, pôle fondateur de Rebonds! avec tous les projets qui en découlent. Notamment avec le Projet Insertion Rugby qui reste le projet central de l’association, là où tout a commencé… Le projet consiste à faire du rugby éducatif auprès des publics en situation de fragilité sur du temps scolaire, péri ou extrascolaire, en fonction des endroits. L’intérêt est de repérer des jeunes en situation de fragilité pour les accompagner vers des clubs de rugby tout en faisant un suivi social et un accompagnement du jeune dans son parcours de vie.

Comment se déroule une semaine type pour toi avec les différents dispositifs dans le pôle éducation/insertion ?
Une semaine type représente beaucoup de coordination et de management des éducateurs socio-sportifs qui sont sur le terrain. Entre la théorie et la pratique tout ne se passe pas toujours comme prévu alors il faut également gérer les urgences de dernière minute. Il faut également créer et faire du lien avec tous les partenaires opérationnels qu’on peut trouver dans nos projets : Education Nationale, Mairie de Toulouse, autres Mairies et institutions comme la Mairie de Cugnaux ou celle de Blagnac avec des projets qui sont spécifiquement dédiés à ces villes. Le quotidien est aussi composé de réunions partenaires, de réunions d’équipe hebdomadaires, ainsi que des montages de projets comme le projet de médiation par le sport à Cugnaux qui commence à se mettre en place à partir des vacances de Toussaint.

Les éducateurs socio-sportifs utilisent le rugby comme un outil éducatif ? Comment décrirais-tu les spécificités de ce travail à Rebonds! ?
La spécificité de ce travail à Rebonds ! est d’utiliser le rugby, pour travailler sur l’éducatif. Il est important de retenir que l’apprentissage du rugby n’est pas la priorité. Il est davantage important pour nous d’expliquer à un jeune les consignes qu’il ne respectait pas au début du cycle et qui à la fin de celui-ci a réussi à les appliquer, pour nous le travail a été effectué, les objectifs éducatifs compris et le cycle éducatif rugby réussi. Pour un enfant qui connait déjà le rugby, le travail est tout l’inverse, nous allons devoir déconstruire l’activité rugby. Il est important de retenir que nous ne sommes pas entraineurs de rugby mais éducateurs. Le rugby est une infime partie de notre travail, l’éducatif, lui est beaucoup plus intéressant, beaucoup plus dur. Le cycle rugby c’est la création d’une relation entre l’éducateur, l’enseignant et les enfants. Nous travaillons pour résoudre les objectifs éducatifs définis avec les référents éducatifs. Ce mot « éducatif » ressort énormément dans notre travail, c’est notre mot d’ordre. Faire du rugby tout le monde sait plus ou moins le faire et nous ne sommes pas les meilleurs là-dessus, certains sont autant compétents que nous pour faire une initiation rugby. Mais pour autant le volet éducatif, peu de structures vont sur ce domaine-là. Ce volet éducatif nous permet par la suite de travailler sur celui de l’insertion et de l’accompagnement social vers les clubs. L’éducatif nous différencie de beaucoup d’autres structures, et d’autres intervenants extérieurs. C’est ce qui est identifié par les partenaires avec lesquels nous travaillons. Les écoles nous demandent d’intervenir très tôt dans l’année pour travailler sur le groupe classe pour que les enseignants puissent réinvestir ce que nous avons mis en place pendant les séances, tout au long de l’année, notamment avec les notions de fair-play et de coopération en fil rouge.

Quel est ton rapport avec le rugby ?
J’ai toujours eu un rapport avec le rugby que j’ai commencé à l’âge de 6 ans, j’y ai joué jusqu’à l’âge de 28 ans. J’ai entrainé et j’ai travaillé dans le rugby. De loin comme de près le rugby a toujours fait partie de ma vie.

Après plusieurs années à Rebonds!, comment peux-tu décrire cette aventure ?
Rebonds! était mon deuxième travail, j’ai pu rentrer dans un lieu où le rugby faisait partie de ma vie. J’ai également pu évoluer rapidement, je suis passé coordinateur au bout de deux ans pour découvrir et connaître un autre volet que je ne connaissais pas jusque là. Ce poste m’a permis de me former, de voir l’évolution de Rebonds!. Lorsque je suis arrivé, nous étions une dizaine de salariés sur Toulouse. D’avoir vu grandir Rebonds! par ses projets et ses évolutions a été très intéressant et plaisant.

Quel est le moment qui t’a le plus marqué ? As-tu une anecdote particulière à nous confier ?
Ce qui est intéressant à Rebonds! c’est l’entraide générale. Par exemple si un éducateur est absent, il va falloir rapidement le remplacer et c’est à ce moment-là que se met en place cette solidarité, tout le monde joue le jeu. Nous restons une association et cette entraide permet d’adhérer au projet. D’après moi c’est ce qu’il y a de plus marquant, pour moi et pour tout le monde. Concernant l’anecdote, (rire) je me souviens d’une soirée improbable et qui reste pour moi ma meilleure soirée Rebonds!. Lors d’un Challenge National Inter-DITEP à Cournon, en Auvergne, près de Clermont-Ferrand, une soirée club house avait été réservée avec des bénévoles. Nous étions 3 salariés de Rebonds!, l’un d’entre eux est toujours présent, et nous avons terminé en boite de nuit dans un endroit complétement inconnu en Auvergne. Heureusement pour nous, nous avons réussi à retrouver le chemin pour rentrer… à 8h du matin lorsque les DITEPS partaient. On pensait sincèrement rester sur place…

Enfin, que peut-on te souhaiter pour la suite ?
J’espère être toujours dans le rugby, que ce soit de près ou de loin. Partir de Rebonds! va évidemment m’éloigner du rugby mais j’entraine cette année. Je pars vers quelque chose de nouveau qui va me permettre d’évoluer autrement. Bien évidemment, j’espère m’amuser dans cette nouvelle institution autant que mes années passées à Rebonds!.

Quelle est cette nouvelle institution évoquée ?
Je pars sur un poste de coordination sur la Cité Educative Nord de Toulouse. C’est un projet piloté par la Maire de Toulouse en lien avec l’Education Nationale, la Préfecture et Toulouse Métropole. L’intérêt est de monter des projets pour favoriser la réussite de l’enfance et de la jeunesse dans les quartiers populaires auprès des écoles. Le rouage de ce système m’est pour l’instant inconnu, mais j’ai pu acquérir tout au long de ma carrière une connaissance solide des acteurs du territoire.

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