“Au contact !” #10 Audrey ABADIE

Pendant 7 ans, elle a été successivement Service civique, stagiaire, avant de devenir éducatrice socio-sportive et finalement chargée du dispositif de médiation par le sport à Blagnac ! Figure bien connue du rugby en Occitanie, elle porte depuis de nombreuses années les couleurs du Blagnac Rugby Féminin et a arboré celles de l’Equipe de France à plusieurs reprises. A défaut de raccrocher les crampons, elle quitte aujourd’hui le club restreint des grandes joueuses de Rebonds!. Ce « Au contact » numéro 10 est consacré à Audrey Abadie !

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Bonjour Audrey, si tu le veux-bien on va commencer par revenir sur ton parcours au sein de Rebonds! : 

Je suis arrivée en tant que SCV, guidée par Manon Andre avec qui je jouais à l’époque et qui parlait pas mal de Rebonds!. Venant de STAPS et de la filière activité physique adaptée ça m’a tout de suite interpellé et plu. Je lui ai posé beaucoup de questions et j’ai fini par postuler. J’ai été sélectionnée et j’ai démarré sans penser naturellement que c’était le début d’une carrière, je pensais plutôt que ça m’apporterait beaucoup de choses pour la poursuite de mon parcours universitaire.
Du service civique, j’ai continué en tant que stagiaire chez Rebonds! et une fois mon diplôme validé on m’a proposé un CDI, voilà comment j’ai débuté l’aventure Rebonds!.

Sur quels projets as-tu débuté à Rebonds ! ?

On  m’a confié mon premier projet en 2014, l’année de mon stage avec l’Essai au Féminin en binôme avec Manon et Rugbymix, deux projets qui matchaient bien d’une part avec mon parcours scolaire et de l’autre avec celui de joueuse de rugby.
En 2019, il me fallait un peu de renouveau et j’ai eu le plaisir de passer en charge du projet médiation par le sport à Blagnac. a représentait une évolution de poste intéréssante, a fortiori dans une ville que je connaissais bien puisque j’y jouais alors depuis quelques années. Je trouve le projet intéressant et novateur pour Rebonds! : C’est un projet co-construit avec la mairie de Blagnac qui nous a choisi pour proposer des activités multisports aux résidents  QPV (Ndla : Quartier Politique de la ville). Le but étant d’ouvrir le Suivi Rebonds! à d’avantage d’enfants en situation de fragilité par le prisme du multisport, parce que même si c’est un sport que j’adore, ça peut être compliqué d’aller vers le rugby à cet âge.

Tu as eu une évolution intéressante, est-ce quelque chose que tu avais anticipé en arrivant à Rebonds! ?

Du tout, j’ai commencé car ça me faisait de l’expérience terrain et que je trouvais intéressant de lier vie professionnelle et  pratique du rugby mais je n’aurais pas pensé que 7 ans après j’y serais encore, encore moins en charge d’un projet de développement !

Et au fil des ans, comment es-tu parvenue à faire évoluer ta pratique professionnelle ?

En partie par l’expérience terrain mais aussi et surtout grâce aux conseils et aux retours d’expériences d’autres éducateurs socio-sportifs plus expérimentés, je pense notamment à Manon André et Florian Auriac qui m’ont beaucoup apporté à l’époque ! Ils avaient beaucoup de vécu et d’expériences et ils étaient moteurs pour les nouveaux. A leur contact j’ai énormément appris et j’ai eu les clefs pour répondre à la plupart des situations qui se sont présentées à moi par la suite.

Comment arrivais-tu à concillier tes responsabilités chez Rebonds!, et tes sélections en Equipe de France ? 

L’équipe m’épaulait beaucoup notamment en reprenant mon travail sur les temps de suivi du mercredi et de mon côté je faisais en sorte de garder le lien avec les familles et les jeunes par téléphone.
Tout le monde jouait le jeu, les collègues en me relayant sur le terrain, les familles et les jeunes en étant bienveillants et compréhensifs. De mon côté je faisais en sorte de m’adapter au mieux, c’est ce qui m’a permis de vivre ces moments formidables avec l’appui de mon équipe et de ma hiérarchie.

Quelles dispositions as-tu pris pour créer du lien entre le nouveau projet dont tu avais la charge et ton ancien poste  ? 

Participer aux stages avec les équipes de Toulouse et d’Ariège pendant les vacances me permettait de travailler en plus grand groupe qu’avec mes 7 jeunes du projet de Blagnac, pour les jeunes aussi ça leur permettait de s’ouvrir à d’autres personnes que celles avec lesquelles ils se retrouvaient toutes les semaines.
Personnellement ça me permettait aussi de faire le lien avec les jeunes que je suivais à Toulouse les années précédentes et de garder le contact parce que ce n’est pas toujours évident de se séparer de certains d’entre eux. Par le suivi on a la chance de créer de vrais liens avec les jeunes.

Tu t’attendais à ce que cette notion du lien soit si importante quand tu as rejoins Rebonds! ?

Non du tout, notamment parce que par mon parcours je m’attendais plutôt à travailler avec des personnes en situation de handicap. En outre, le monde des jeunes en situation de fragilité est un peu méconnu dans ma formation initiale, j’ai donc découvert cet aspect directement sur le terrain. Finalement des années après, j’ai appris à développer le lien avec le public et c’est la partie que je préfère à Rebonds!.

Et comment se traduit ce lien aujourd’hui ?

Et bien en ce moment j’entraîne et surtout je joue avec des filles que j’ai suivies, je m’en remets petit à petit mais au départ ça a été un choc ! (elle rie). Sincèrement, c’est super de les voir évoluer et de les accompagner dans leurs vies. Sur le papier ça parait simple mais ça engendre beaucoup de choses derrière, pour certains on les suit de leurs 12 à leurs 19 ans, même parfois plus jeunes. Il y a une confiance qui naît entre les éducateurs socio-sportifs et les jeunes, quand on les recroise quelques années après, on se rend compte que le lien est toujours là et que c’est un vrai plaisir mêlé à de la fierté de les voir grandir !

Merci pour ton temps, ça a été un vrai plaisir d’échanger avec toi, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Rebonds! ça a été de chouettes rencontres, que ce soit avec des collègues ou des jeunes du suivi, j’ai pu engranger beaucoup d’expérience, aussi bien en tant qu’éducatrice qu’en tant que personne ! Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve alors on peut peut-être me souhaiter de belles aventures ?

BONUS :
Jules Sire, directeur de Rebonds! et Manon Andre, ancienne éducatrice socio-sportive ont accepté de parler des années Rebonds! d’Audrey :

Manon André :

Quand j’ai rencontré Audrey, je ne pensais pas que nous partagerions tous ces beaux moments ensemble, que ce soit en tant que collègues, joueuses ou entraîneuses. On s’est toujours très bien entendues et nos relations se sont révélées très amicales. Audrey c’est une bosseuse, elle est consciencieuse, énergique et un brin maniaque (surtout pour les tomates).Ces traits se retrouvent bien dans ses rôles de joueuse et d’éducatrice et c’est ce qui lui permet de performer sur et en dehors des terrains. Elle s’approprie les projets très vite et c’est ce qui a facilité le développement de l’Essai au Féminin puis du projet Multi-sport à Blagnac.
Enfin, on ne peut pas parler d’Audrey sans évoquer son côté chambreur, elle a une approche humoristique et taquine qui facilite la rencontre et les échanges !

Jules Sire

Audrey c’est et ça restera  «la princesse de l’ovalie»  et la reine du calcul mental. Au-delà de ça, elle a fait un super parcours à Rebonds!, c’est une jeune femme déterminée, honnête et entière dans ses relations. Bosser avec elle c’est un plaisir et lui donner de plus en plus de responsabilités au sein de l’asso fut une évidence. Je pense qu’au niveau du face à face pédagogique sportif c’est une référence à Rebonds!. Elle parle de Manon et Florian qui ont été des modèles pour elle, je pense qu’il faut surtout souligner qu’elle a été le modèle pour toute une génération d’éducateurs socio-sportifs à Rebonds!. Je lui souhaite de pouvoir réussir son (dernier ?) défi rugbystique de jouer la prochaine Coupe du Monde de rugby féminine, elle le mérite. Et même si elle n’est plus salariée elle reste et restera la bienvenue à Rebonds!.

 

 

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