“Au contact” #15 Jean Thomas

“ Au contact ” #15

Le rugby comme passion et fidèle au Club de Colomiers depuis tout petit, Jean Thomas, revient sur ses premiers pas dans le monde du rugby. Parrain de Rebonds! depuis plusieurs années, il n’hésite pas à partager sa passion de la balle ovale et à intervenir pour, comme il le dit si bien, « mettre des étoiles dans les yeux des jeunes ».

Peux-tu te présenter brièvement en quelques mots ?
Je me présente, je suis Jean Thomas, joueur à Colomiers, professionnel depuis 8 ans et au club depuis 22 ans. Dans ma carrière, je n’ai connu que le Club de Colomiers. J’évolue aux postes de 2ème et 3ème ligne. En parallèle, après mon baccalauréat, j’ai fait des études d’ingénieur et j’essaye de garder un contact avec le milieu de l’ingénierie.

Peux-tu revenir sur ton parcours de joueur de rugby ?
J’ai commencé à 6 ans à Colomiers et je suis passé professionnel à 20 ans, j’ai pu faire mes premiers matchs en même temps que les sélections France moins de 20 ans. J’ai fait un tournoi des VI Nations et une coupe du monde moins de 20 ans en 2014. J’ai côtoyé des joueurs qui maintenant sont au top niveau, on a donc vécu de belles aventures ensemble. On a également vécu un grand Chelem et une coupe du monde en Nouvelle Zélande, c’était une belle parenthèse sur ma vie de rugbymen professionnel.

Comment as-tu connu Rebonds! ? Quels sont tes premiers moments avec les jeunes de l’association ?
J’ai pu rencontrer Rebonds! grâce à Florian Soncourt, ancien éducateur socio-sportif et préparateur physique à Colomiers. Cela coïncidait avec mes premières sélections de moins de 20 ans, nous avons eu une discussion pour parrainer Rebonds! car j’avais une certaine disponibilité. J’ai pu faire des petites interventions sur le terrain pour aborder mon expérience de joueur professionnel tout en essayant de faire rêver les jeunes en face de moi.

D’après toi, qu’est-ce que le rugby peut apporter aux jeunes issus des quartiers prioritaires ?
Le rugby peut transmettre de belles valeurs, notamment de solidarité et d’entraide. Les actions sur le terrain sont, d’après moi, facilement transmissibles dans la vie. Pour les jeunes, l’entraide et la solidarité sont des valeurs importantes et peuvent les aider dans la vie de tous les jours… Même si parfois tout n’est pas facile, c’est plus sympa avec un ballon. La mixité sociale est aussi une belle valeur à transmettre aux jeunes de demain. A Colomiers, dans l’écosystème du club, il y a une belle cohésion sur l’ensemble des membres du club comme l’association des Clubs Papy Boys par exemple, ce sont des anciens, ils sont là régulièrement et partagent des moments avec nous. Durant toute l’école de rugby, nous avions également des filles ainsi que des jeunes qui venaient de différents milieux. Le rugby c’est aussi cette image du « gros » qui à sa place comme le « petit ».

Peux-tu revenir sur ton intervention pour la semaine de l’Olympisme auprès des élèves de l’école Françoise Héritier ?
J’étais très content d’intervenir lors de la semaine de l’Olympisme à l’école Françoise Héritier. Je pense que les enfants étaient contents de me voir et ça m’a fait plaisir. C’est plaisant de pouvoir mettre des étoiles dans les yeux des petits. C’était un moment assez drôle puisqu’ils m’ont comparé à Mbappé dans le milieu du foot, alors que ce n’est absolument pas le même sport. C’est justement plaisant de montrer un autre sport beaucoup moins connu, qui ouvre à un autre monde méconnu, avec un sport qu’ils n’ont pas l’habitude de regarder. C’était plaisant d’échanger avec eux. Ils m’ont posé des questions sur ma carrière, ce que je retiens de positif sur mes diverses expériences, les meilleurs matchs… Ils en ont aussi profité pour se faire « la culture » du rugby. Les jeunes ont pu découvrir ce que pouvait être la vie d’un joueur professionnel et qu’il n’y avait malheureusement pas que ça… La carrière d’un professionnel est temporaire, c’est comme les sélections dont nous avons parlé précédemment, ce sont des belles parenthèses et une nouvelle vie va commencer. Ce qui est dommage c’est que nous n’avons malheureusement pas pu aller à l’extérieur, faire du sport avec la situation sanitaire et les masques… Pour le coup, c’est bien de faire la démarche de nous solliciter, on peut y répondre favorablement quand nous sommes disponibles. D’ailleurs, dans les souvenirs les plus marquants lors de cette intervention les jeunes ont pu me dessiner, il y avait d’ailleurs des dessins et des coloriages pas trop mal.

Qu’est-ce que évoque ton engagement auprès des jeunes ?
D’après moi, nous avons une chance énorme de pouvoir faire de notre passion, un métier. Pour moi le rugby ce n’est pas un métier mais c’est un réel plaisir. Pour rendre un peu ce côté-là, j’ai eu l’envie de partager auprès des jeunes et des enfants tout en aidant au maximum avec le temps dont je dispose. J’essaye de mettre ce temps à profit pour qu’il puisse servir au maximum aux autres.

Que signifie être parrain de Rebonds!, pour toi ?
Je trouve ça bien qu’il y est une communauté de sportifs qui puisse faire vivre l’association. Pour nous, ça ne nous coute rien et pour vous ça peut vous faire gagner du temps et pourquoi pas du rêve (pour les jeunes)… Tout le monde peut être gagnant dans ce partage. Etre parrain nous permet de sortir de notre monde, on voit souvent que le professionnalisme, les paillettes et puis on sort de ça pour voir que la vie n’est pas la même pour tout le monde et qu’elle peut être difficile. C’est important d’échanger, d’apporter et de passer du temps avec les jeunes. J’apprécie de temps en temps venir sur une école et pouvoir faire quelques passes de rugby ou alors porter quelques petits. Ce sont des bons moments, nous on en rigole, et les enfants peuvent en garder des souvenirs.

Après quelques années en tant que parrain de l’association, quel est ton souvenir le plus marquant à Rebonds! ?
Il y a de ça quelque temps, je suis intervenu pour aider des séances de rugby, un jeune désirait absolument me plaquer, il ne « se démontait pas » face à moi, ça me faisait rire. J’ai le souvenir de ce petit ayant énormément confiance, sûr de lui, à fond, il ne se disait pas « c’est un professionnel, attention… », mais plutôt « moi, je vais le faire tomber ». Ca faisait plaisir de voir cet entrain, déjà si tôt.

Tu prépares activement ta reconversion, comment conjugues-tu ta carrière sportive et la préparation de l’après ?
J’ai assez anticipé mon avenir professionnel lors de mon début de carrière. Nous sommes obligés de faire des études en parallèle, alors au centre de formation j’ai choisi de poursuivre dans des études d’ingénierie. Je suis diplômé de l’INSA de Toulouse et une fois que j’ai obtenu le diplôme, je l’ai laissé de côté pour ma carrière de joueur professionnel. Ça a été la course de conjuguer carrière de professionnel et études mais finalement, grâce aux collègues et aux stages d’ingénierie de fin d’années, quelques belles opportunités en entreprise se sont présentées. C’est l’occasion pour moi de garder un lien, d’entretenir le réseau afin que mon diplôme puisse servir par la suite. Dans l’ingénierie, j’aimerai travailler sur des questions d’écologie car ça fait partie des grands combats que nous allons devoir mener dans les années à venir.

Enfin, que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Je pense que l’on peut me souhaiter un souhait collectif qui est celui de faire une belle fin de saison avec Colomiers, et pourquoi pas aller chercher de belles phases finales et pourquoi pas espérer de décrocher le titre. Sur du plus long terme, j’espère que la santé restera au rendez-vous pour faire une belle carrière jusqu’au bout. Et enfin, j’aimerai que ma transition vers ma future vie professionnelle se passe au mieux.

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